mercredi 17 mars 2010

Hubert ou l'avortement de mes velléités d'Amazone.





Napoleon Crossing the Alps
par Jacques-Louis David (1748-1825)

Et les risques du métier par un sosie d'Hubert.


Je monte à cheval.
Activité noble et royale que les plus grands ont pratiquée.
Que serait un grand homme sans son canasson ?


Il y a les politiques, les héros, les justiciers, les empereurs, les rois...
On se souvient des batailles, des ruades rhétoriques, des cavalcades épiques, des chevauchées folles …

Zorro, Che Guevara, Winston Churchill, Roosevelt, Lucky Luke, Poutine, Yasser Arafat, Mao, Napoléon, le Prince Charmant…


(Voir ici l'article de Patrick Besson sur l'homme politique à cheval)


Dès toute petite, j’ai eu de grandes ambitions.
Et pour devenir une héroïne charismatique et une dictatrice idéale, il fallait qu'à mon tour, je manie l'équidé avec dextérité et grande classe.

Paul Morand disait d’ailleurs : «L'assiette du cavalier est l'image même de l'idéal politique, une domination d'autrui qui commence par la maîtrise de soi.»


Je me suis donc retrouvée toute petiote à dompter du poney.
Et de fil en aiguille, me voilà cavalière émérite. (Sans prétention aucune, bien naturellement.)

Il ne me manquait plus qu’à me trouver un fidèle et fougueux destrier pour pouvoir assouvir ma vocation de Grande Dame marquant son Époque et l'Histoire.



Zorro avait Tornado, Napoléon - Marengo, Alexandre le Grand - Bucéphale, Caligula - Incitatus, Lucky Luke - Joly Jumper, le prince Charmant - Crin Blanc …


Il m’aurait donc fallu un croisement entre Pégase et l’Etalon Noir.

Au lieu de ça, j’ai eu Hubert. (Un nom pareil ne s’invente pas.)

Hubert a des oreilles démesurées.
Hubert a le naseau faiblard, le poil terne, l’œil vide, la patte lourde et la queue triste.
Hubert n’est pas beau.
Hubert n’a aucun panache.
Hubert est vieux et mou.
Hubert ne ressemble pas à un étalon fringant, même pas de loin.
Hubert serait plutôt un cousin éloigné de Rossinante.

Mais Hubert est gentil. Du moins c’est ce que je croyais jusqu’à dimanche dernier.

Dimanche dernier, Hubert et moi, on s’est dit qu’on allait faire les fous et qu’on allait participer à un concours d’obstacles.

Avant d’y aller, je dis à mon fidèle destrier en forme de carne de faire semblant d’être énergique pour impressionner les foules.

Il ne m’a pas écouté. Il n’en a fait qu’à sa tête.

Hubert a pilé net devant le 2e obstacle me catapultant par terre mordre la poussière.


Il n’a pas du comprendre que jouer à l’Indomptable ça se fait dans une cascade de ruades dignes des plus grands rodéos, pas dans une crise aiguë de fainéantise qui empêche de passer de l’autre côté de l’obstacle.

Hubert est un con.

0 commentaires:

Enregistrer un commentaire

Boîte à bavardages
(seuls les bavardages dignes d'intérêt sont acceptés)