jeudi 11 mars 2010

Quand la journée commence mal …

J’ai découvert la touche sneeze de mon réveil il y a bien longtemps. Connaissez-vous cette petite touche traîtresse et fourbe qui vous fait miroiter 5 minutes de sommeil supplémentaire et qui vous met systématiquement en retard?

Mon corps a appris à merveille comment grappiller 5 minutes, puis 5 autres, puis encore 5 autres… et fait désormais d’instinct l’extinction provisoire du réveil. Mon cerveau n’étant pas mobilisé pendant ce geste réflexe, et mes oreilles boycottant la sonnerie, je ne me réveille plus. Et de 5 minutes en 5 minutes, je deviens carrément en retard.

Jusqu’ici rien que de bien habituel.

Mais ce matin, mes oreilles n’ont pas boycotté la sonnerie. Et de tididip strident en tididip strident, je me suis levée très irritée, irascible et en retard bien évidemment.

(On devrait porter plainte contre ceux qui ont inventé la sonnerie du réveil ! Qu’est ce que c’est que ce tididip exaspérant !)


Donc je me lève, je descends jusqu’à la cuisine pour déjeuner.


John m’accueille avec un cortège de miaulements affamés. Il miaule, il miaule, il miaule. Mes oreilles le maudissent, mon humeur ne s’en trouve qu’aggravée.

Mais comme John est un abruti un peu sadique, il ne s’est pas contenté de si peu.

Sur le chemin du frigidaire à sa gamelle, il n’a rien trouvé de mieux que de se faufiler entre mes jambes, encore et encore, il s’enroule en travers de mes jambes à chaque pas.

L’inévitable arriva. John me fait me casser la margoulette. De tout mon long étalée par terre, avec du pâté gourmand 5 étoiles plein les mains.
Tomber aussi pitoyablement ne me met déjà pas en joie, mais me retrouver badigeonnée de pâté puant à l’aspect de vomi me mets carrément en rogne.

Et comme John s’est enfui suite à ma chute, je ne pourrais même pas calmer mes nerfs sur lui !


Avec tout ça, je suis carrément en retard !


Je sors finalement de chez moi implorant les cieux d’être plus cléments avec moi pour la suite de la matinée. Ils ont évidemment fait la sourde oreille…


Mon taxi n’est pas là !
D’habitude, il m’attend tous les matins devant chez moi pour m’emmener au Royaume de la Station Service. J’aime bien mon taximan, il est toujours de bonne humeur, il est discret le matin (à peine réveillée, il ne vaut mieux pas me parler, c’est une question de survie.).
Et ce matin il fallait qu’il ne soit pas là…

Il va falloir que j’aille en chercher un autre, négocier le prix, risquer de tomber sur un taximan pas sympa, avec une voiture qui pue et qui roule par l’opération du Saint Esprit.

Je remonte donc la rue pour arriver sur une des grosses artères de la capitale hibiscusienne. Arrivée sur le bord de la route, je me mets en quête d’un taxi. Le regard encore embrumé qui essaie de localiser dans la circulation une carrosserie jaune salvatrice. Le corps tendu en avant, la main fébrile, prête à se lever pour héler un taxi.

Ils sont tous pleins. Tous les taxis qui passent sont occupés. Cela fait 10 minutes que j’attends. Je vais être fichtrement en retard … Et accessoirement, d’une humeur de dogue allemand.

Quand soudain, douleur fulgurante à l’épaule. Je crois bien qu’on vient de me frapper. Pas le temps de me retourner que déjà mon agresseur titube sur la route avec, je pense, dans l’idée de se faire écraser. Ce qui a d’ailleurs failli se produire.

Puis il revient vers moi, avec son allure bancale. Il me regarde, l’œil torve et hargneux, il hurle un charabia incompréhensible en me menaçant du poing, il tangue, il me regarde à nouveau. Il est vêtu de haillons et a le regard qui semble flotter dans une autre galaxie.

Merde ! Un fou. Il ne manquait plus que ça. En plus, il vient de me déboiter l’épaule, j’ai mal.

D’un coup, il me tend la main. Pensant que c’est pour faire la paix, et pressée de me débarrasser de cet énergumène qui a la mort de mon épaule sur la conscience, je lui tends la mienne.
Que n’ai-je donc pas fait ! Il a gardé ma main en otage en me la massacrant. Je n’ai plus de doigts.

Je lui demande gentiment la libération de ma pauvre petite main. (Je suis quelqu’un de très flegmatique et gentil.) Ma demande ne trouve aucun écho. Et là, je commence vraiment à me demander ce que je vais faire, parce que, de une, il est fou, donc je ne peux pas prévoir ses réactions, et de deux, il est beaucoup plus fort que moi (j’ai une force de moustique).

On en était donc à ce point critique où ma main agonise, où mon cerveau ne trouve pas de solution et où le fou furieux semble profondément apprécier la situation.
Comme je ne suis pas morte et en mesure d’écrire, vous vous doutez bien, qu’une issue s’est profilée à l’horizon.

Et bien, l’issue a pris la forme d’un gentleman qui a volé à ma rescousse, comme un héros au secours d’une damoiselle en détresse. Il a giflé le fou, s’est mis à lui courir après en lui criant dessus en langue hibiscusienne.


Je me demande si un jour je vais retrouver l’usage de mon épaule et de ma main.
Les cieux s’acharnent contre moi.


Finalement, un taxi finit par se matérialiser devant moi.
« Quartier Jolie Atmosphère s’il vous plait. 5500 FH c’est bon ?
-7500
-Non 5500, c’est ce que je paye tous les matins.
- 7500
-Non.
-Si.
-Non.
-Si.
-Bon, OK. »

Chaque réponse du taxi étant formulée en grognant, le regard mauvais.

Pour faire le deuil de mon épaule et de ma main, il fallait que je tombe sur un taximan acariâtre et aigri !


Arrivée devant le Royaume de la Station Service, les portes de devant sont fermées.
Et merde ! Il va falloir faire le tour… Et voilà que je dois me faufiler entre les distributeurs de carburants entassés, enjamber les compresseurs, éviter les flexible de servicing… De l’exercice dans un labyrinthe d’appareils hétéroclites et dangereux, tout à fait ce qu’il me fallait !



J’arrive enfin dans mon bureau.
Je m’installe. Je m’avachis dans ma chaise, épuisée, fourbue, traumatisée, stressée et prête à fusiller quiconque viendrait m’importuner.


5 minutes plus tard, Son Altesse le Prince déclare :
« Tu sais, j’ai souvent des intuitions mystiques. Je ressens que quelque chose va se produire et ça se produit. Comme une prophétie, tu vois. Et bla bla … Je suis un peu devin …. Mes intuitions prémonitoires viennent sans doute de mes vies antérieures …»


Au secours, je vais commettre un meurtre !

2 commentaires:

  1. hello !
    merci de ton mail, j'accepte evidemment bisous, tagadas et autres bassesses !!!
    ton article m'a bien fait rire et m'a rappele des souvenirs africains !!!
    bises

    RépondreSupprimer
  2. Petit céleri15 mars 2010 10:51

    ^^

    Jte publie à ton retour! T'as l'air de bien t'amuser dis moi :P

    Bidouxxxx le pouxx et soigne toi bien!

    RépondreSupprimer

Boîte à bavardages
(seuls les bavardages dignes d'intérêt sont acceptés)