vendredi 19 mars 2010

Voitures de l'extrême





Une chose surprend en République de l’Hibiscus : les voitures

Les taxis, les camions, les cars rapides, les bus, les voitures, les mobylettes …
Ou comment la mécanique de ces engins peut défier les lois de la physique.
La notion de vie et de mort est inconnue de ces ferrailles roulantes.

Les carcasses les plus souffreteuses sont capables de circuler, slalomant dans les embouteillages, klaxonnant à tout rompre, accélérant dans une épaisse fumée noire.

Des amas de bric et de broc posés sur roues sont capables de vrombir, de se faufiler entre les trous et d’affronter pistes, ordures, voitures, passants, moutons et charrettes.

Des fantômes de mécaniques automobiles n’ayant plus que tôle froissée et moteur agonisant sont capables de faire la guerre du plus fort à chaque rond point et d’avaler des kilomètres et des kilomètres de routes hibiscusiennes.

J’ai vu des camions le moteur à l’air, des tout de travers, penchés dangereusement sur un côté, des chargés à en déborder de partout, des qui s’affaissent sous leur propre poids, des qui marchent en crabe, des qui crachent toute leur fumée opaque.

Des monstres héroïques criblés de cicatrices et de plaies béantes qui cahotent douloureusement de trous en trous, et croient mourir à chaque nid de poule, mais finalement et invariablement repartent.


Je suis montée dans des voitures dont il fallait tenir la portière pour ne pas qu’elle s’ouvre ou s’envole en cours de route, dont il fallait vérifier que le châssis arrière n’allait pas se faire la malle, et dont le conducteur était obligé de faire des gesticulations exagérées pour tourner le volant.

Je suis montée dans des voitures dont la carrosserie ressemblait à du gruyère à force de rouille, dont le plancher était aux abonnés absents fournissant aux passager un agréable courant d’air et des risques d’amputation des jambes.

Je suis montée dans des voitures dont le pare brise était un patchwork de verre et de plastique rafistolés en une toile d’araignée rocambolesque.

Je suis montée dans des voitures qui avaient oublié depuis bien longtemps de chausser leurs amortisseurs et qui se retrouvaient obligées de sauter et de décoller du derrière à chaque nid de poule.

Ici, il y a des magiciens de la survie de ces fantômes de ferraille.
Il y a des génies du rafistolage miraculeux, à coup de scotch et de ficelle.
Il y a des médecins fabuleux capables de ranimer des véhicules abimés à l’extrême, trop vieux de trop de bringuebalements sur des routes défoncées.



En attendant, moi je changerais bien ma voiture qui n'est plus toute jeune mais qui est aussi fringante qu'à ses premiers printemps contre une nouvelle toute belle, à la mode et qui ne pollue pas.

Les constructeurs automobiles sont en crise, moi je consomme.

2 commentaires:

  1. tu m'intrigues...je reconnais dans tes propos, sur le roi blanc, les voitures bien des choses que j'ai vecu au cameroun,
    d'autres , par ex les moutons me font penser au maroc...
    ou peux tu bien etre

    un pays africain francophone musulman.....

    senegal ? non je ne pense pas...
    mali ? hummm j'hesite..
    mauritanie ? ai je bon ?

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  2. C'est là tout le mystère !...
    Et il serait tout à fait malvenu et dommage de révéler ce secret !

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