jeudi 1 avril 2010

Poisson d'avril

Ou pas.
Je n’ai pas encore décidé.
Mais je sens que vu l’humeur de la semaine, il ne va pas falloir m’enquiquiner et encore moins m’assaillir de blagues carambar et de poissons en papier.
Conclusion ce sera un 1er avril sous antidépresseurs avec une intraveineuse de café.


Mais que se passe-t-il ?
Je suis sûre que c’est la question que tout le monde se pose face à tant d’âpreté dès les premiers mots. Et je sens votre inquiétude fébrile.
Que se passe-t-il, que se passe-t-il ?
Dans un récit épique, voici le bilan de mes aventures en ce jour terrible des blagues à 2 francs six sous.


Il se passe plusieurs choses.


1) Welcome in république de l’Hibiscus !


En 2 mois et demi, j’ai totalisé 4 gastros, une biopsie du mollet, une pharyngite, des irritations pulmonaires, et des parasites. J’en ai un tantinet ras le bol d’être malade. Aujourd’hui et ce depuis une semaine, je cumule gastro, pharyngite et parasites, avec la montagne de médicaments qui va avec. J’ai envie de dire Youpi Tralala ! Je suis faite en papier mâché et ma condition de petite chose fragile ballotée au gré des méchants microbes me pèse énormément sur la caboche.


Au menu des réjouissances, nous avons aussi l’Harmattan.
« L'harmattan est un vent chaud, sec et poussiéreux en provenance du Sahara. Il est chargé de poussières et de sables et peut obscurcir l'atmosphère durant plusieurs jours. » (Wikipédia)
Et c’est vraiment plaisant l’Harmattan ! Il n’y avait pas assez de poussière en République de l’Hibiscus, alors le Bon Dieu s’est dit qu’il fallait y remédier! Faire une tempête de sable, sans la violence et les bourrasques, mais avec une durée de vie de plusieurs semaines, c’est l’extase paroxysmique. Le ciel est d’un mélange de bleu, de gris et de jaunâtre, et vous fait jouir d’une luminosité à en griller vos pupilles. La poussière est là,partout, latente, dense. Elle vole, vous survole, vous tapisse, vous recouvre, vous englobe et vous suffoque. Les poumons sont en état d’agonie permanente et n’aspirent qu’à une bouffée d’air pur qui ne laisserait pas de traînées sableuses de la langue jusqu’aux bronches. Certains jours, il y a grand vent,il fait froid et le sable bringuebalé à toutes bringues par le vent, ça fouette. D’autres jours, le vent s’en est allé torturer d’autres pays et il fait une chaleur à fondre, à se liquéfier par terre et à se faire absorber par les masses de sable et de poussière qui recouvrent toute la République de l’Hibiscus. C’est très Youpi Tralala ça aussi ! Et je vous mets au défi de survivre à une pharyngite quand chaque jour vous ingurgitez 3 tonnes de poussière. Que mes malheurs sont grands ! Je suis une pauvre petite chose à l’épreuve des cruels éléments de ce monde. Pour un peu je serai promue martyre de l’année.


2) Welcome au Royaume de la Station Service !


La semaine dernière Son Altesse le Prince était partie au Pays de l’Atiéké pour se marier cédant à la pression familiale et ce, malgré ses réticences à allier son destin à celui d’une folle jalouse. Parce que, vivre une relation à distance avec une furieuse pratiquante de la jalousie excessive ça a ses charmes, mais de là à se marier … Le Prince n’était donc pas tellement emballé. Mais en Afrique les pressions familiales sont légions, insistantes et il est impossible d’y passer outre sous peine d’être renié. Alors le Prince a cédé et le voici marié. Premier commentaire quand il est revenu lundi en laissant sa Dulcinée au pays de l’Atiéké: « Avant, je ne comprenais pas comment des hommes pouvaient se marier et tromper leur femme, maintenant, je comprends. » Le prince est ravi. Au pays des Bisounours, il est l’ourson mignon le plus heureux de tous les nuages. Et il tient à le faire savoir à tout le monde. Aussi, doit-on l’écouter maugréer, se plaindre, râler, bougonner depuis une semaine. Si ce n’était que ça, rien de bien grave sous le soleil. Mais, non, le Prince s’est transformé en Croque Mitaine avide de dévaster tout semblant de bonne humeur en ce bas Royaume. Et il enquiquine tout le monde à coup d’humiliations, de reproches infondés et de critiques ubuesques.

Moi, par exemple. Alors que fièrement, je soumettais à son admiration mon œuvre finale, à savoir ma magnifique étude de rentabilité achevée dans les larmes et le sang, il a tout piétiné, saccagé. A coup de broutilles, il a ruiné mes 2 mois d’efforts acharnés. « Il faut aligner les phrases. » « Tu n’as pas fait de présentation des contrats ! » Si, si ! Une demie heure plus tard : « Ah oui ! C’est là ! C’était même marqué dans le plan ! » Merci de m’avoir asticoté sans raison. « Tu vas recommencer pour le matériel de garage, je te donnerais les données, parce que là, ça me remet en cause. » Ou la falsification de données pour couvrir les négligences du Prince. Et je vous passe toutes les autres. C’est pas facile de travailler avec des jeunes mariés !

Depuis, alors que je devais commencer autre chose, et que, pour ce faire, j’ai besoin de l’aide du Prince qui est mon maitre de stage, le récent noceur a décidé de me laissé en plan pour continuer sa mission d’emmerdeur du monde. Conclusion, je n’ai presque rien à faire, et ce presque rien est presque tout en matière de pénibilité et d’inintérêt. Je m’ennuie. Je m’ennuie. Je m’ennuie. Je suis condamnée à regarder les minutes s’écouler en priant pour qu’un miracle m’apporte le weekend sur un plateau d’argent. Parce que, égrener les minutes en explorant ce que le Net regorge de divertissements c’est vite lassant et c’est surtout très mauvais pour la bonne marche des synapses. Ma seule réjouissance est que j’ai sans doute poussé l’ennui jusqu’aux confins de la perfection. Le problème c’est que ça m’aura atrophié le cerveau et l’enthousiasme.



3) Welcome in ma vie sociale et amoureuse !



Le Bougre est parti dimanche dernier après 2 semaines de bons et loyaux services. Et ça y est je suis flapi flop déprimée pour la semaine. C’est que j’aimais bien jouer aux vrais amoureux du type Mr et Mme Toutlemonde qui ne sont pas à 5000 km de distance. Je suis d’ailleurs absolument choquée et catastrophée de savoir que la téléportation n’ait pas de chance d’exister dans un avenir proche. Mais que font les chercheurs de la Nasa ? Je vous le demande !


Le Protozoaire surfeur a continué la série Heroes sans moi… (Oui, ce n’est pas ce qui se fait de mieux, ni de plus récent, mais on assume.) On est à une saison d’écart, c’est irrattrapable tant et si bien que c’est la fin des haricots ! Je ne peux plus m’exciter devant un épisode avec lui pour comprendre et surenchérir mes délires et on ne peut plus rejouer les scènes les plus rocambolesques avant d’aller au dodo. (On aime bien jouer à avoir des pouvoirs imaginaires, je ne suis pas sûre qu’on ait vraiment grandi depuis nos 10 ans.) Voilà qui est bien embêtant, mes braves gens, vous n’imaginez sans doute pas à quel point.


Trêve de fadaises et de jérémiades.
Mais que j'aime me plaindre !!! C'est vachement trop chouette!
Vous infliger cette logorrhée insipide et geignarde est un petit plaisir dont je ne me lasserais pas.
Je monte sur mes chevaux grandiloquents et je clame mes ennuis désespérants et désespérés à qui veut l'entendre.

Bon, je vous abandonne à votre sort de blagueur empoissonné.
Il me reste une heure à tuer avant de pouvoir partir et aller m’acheter de nouvelles lunettes de soleil !
Je suis une occidentale privilégiée quand la gaieté me boude, je consomme. Et alors ?

2 commentaires:

  1. rejouis toi, j'ai vecu 3 ans au cameroun, avec une tourista chaque mois et a chaque fois elle commencait le vendredi et finissait le lundi matin...
    j'ai decouvert que je suis allergique aux insectes depuis que lors d'une balade dans la brousse, j'ai ete bouffee par des moutes moutes et j'ai jouee le remake de coluche dans banzai
    j'ai eu des maladies de peaux bizarres
    mais j'ai echapee aux amides et vers de cayors ....
    je suis rentree en france je faisais 52kgs pour 1m75...
    j'ai verifiee pd longtemps ds mes chaussures avant de les enfiler...

    haut les coeurs !!!!

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  2. Et bien j'ai un petit peu du mal à me réjouir ...
    Après 11 ans d'Afrique, j'étais un Terminator de la bonne santé !
    Plus de gastro, plus de rhume des fesses, plus de vers, plus rien du tout.
    Solide comme un roc.

    Quelques années en France et voilà que mon système immunitaire est devenu un gros fainéant !

    Désespérant ! :)

    Quant à moi, j'ai eu la chance d'avoir des charmants vers de Cayors qui m'ont laissé de tout aussi charmantes petites cicatrices. Tu ne sais pas les plaisirs qui tu as raté !

    Et j'ajouterais que tu as même manqué le plus extatiques des plaisirs, les Larbiches.
    Petits vers encore plus malins et plus mignons que les vers de Cayors.
    Mais comme ce blog ne doit pas verser dans le gore à petit budget, on arrêtera là l'histoire des larbiches. :)

    Quoique ...
    Ça me donne des idées.

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